Les chiffres ne sont pas bons, la croissance 2007 se situera aux alentours des 1,7% au lieu des 2,25 de prévision sur lesquels le gouvernement a élaboré son budget pour l’année 2008. 0,5 points de croissance en moins, cela se traduira par 8 milliards de recettes fiscales en moins. Ce chiffre rapporté aux prévisions de monsieur Woerth avec sa prévision de 7 milliards, on voit bien où va disparaître cette somme, car le budget a été construit sur des hypothèses beaucoup trop optimistes en matière de croissance.
Le contexte est également déprécié pour ce qui est de la confiance des ménages. Entre juillet et septembre, il y a eu 6 points de moins pour la consommation des ménages, et 15 points en moins sur les perspectives de niveau de vie. On voit bien que l’inquiétude domine dans les ménages en raison de l’incertitude qui pèse sur pouvoir d’achat. Le choc de confiance annoncé par Nicolas Sarkozy n’aura tout simplement pas lieu en raison des choix économiques et politiques qui sont faits, notamment celui des 15 milliards de cadeaux fiscaux. L’impact de cette mesure sur l’économie réelle sera quasi nul.
Rappelons enfin que la dette publique atteint un record de 60,6 % du PIB. Là où le gouvernement et Nicolas Sarkozy lui-même avaient pris des engagements devant l’eurogroupe, pour travailler à la disciple budgétaire et ramener les déficits publics dans un étiage qui nous rapprochent du pacte de stabilité et de croissance, et le niveau de la dette à la baisse, c’est le chemin contraire qui vient d’être pris. La croissance n’est pas bonne, la dette augmente et les déficits ne sont pas maîtrisés.
C’est dans ce contexte que la mesure sur les heures supplémentaires devient effective. On aurait pu imaginer que dans un contexte de croissance, cette mesure aurait des effets positifs sur
l’emploi. Mais dans un contexte où la croissance est en deça de ce qui était attendu, cette mesure a peu de chance d’avoir un effet sur l’emploi. Elle est compliquée à mettre en œuvre et
coûteuse, et aura in fine un impact négatif sur l’emploi. Puisqu’il est assez logique qu’une entreprise qui souhaite l’augmentation de son carnet de commande, privilégie aujourd’hui le fait de
faire travailler davantage ses salariés parce que les heures supplémentaires sont défiscalisées et qu’on ne paie pas de cotisations sociales, plutôt que d’embaucher des salariés
supplémentaires.
Dans un contexte où les chefs d’entreprise sont eux-mêmes inquiets des perspectives de croissance, la priorité sera donnée à faire des heures supplémentaires, plutôt qu’à l’embauche.
Cette mesure aura un impact faible sur le développement de l’emploi, car elle privilégiera l’augmentation des cadences au développement de l’emploi. Le travailler plus pour gagner plus est
fondé sur une imposture puisque c’est l’employeur qui décide de faire travailler plus ses salariés et non le salarié lui-même qui choisit.
On peut par ailleurs s’attendre à des attaques sur le pouvoir d’achat à travers l’instauration des franchises médicales et l’augmentation probable de la TVA après les élections municipales. Le gain de rémunération n’est pas sûr, dès lors que les ménages seront soumis à de nouvelles dépenses.